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Moreau de St-Mery |
LarousseThis entry on vaudou curiously restricts its remarks to its manifestation in the United States, and makes no reference to Haiti. In fact it is largely taken up with an account of a New Orleans court case from 1863. W W Newell's articles in the first two issues of the Journal of American Folklore (1889, 1890) - which claim that neither the word vaudoux nor the practices it denotes has an African origin - refers to this encyclopedia entry, and suggests that the story court case is 'improbable'. However, contemporary newspaper reports suggest otherwise. The Daily Picayune ('Voudou Meeting Broken Up', 31 July, 1863) records how an officer of the occupying Union army went to investigate a suspicious meeting on Marais Street:
[I should go on to quote selectively of the reporting of the case itself: see Picayune 1 Aug and 2 Aug, and New Orleans Bee 1 Aug]. VAUDOU s. m. (vô-dou). Culte africain que les nègres ont importé en Amérique. || Dieu qui est l’objet de ce culte. || Individu qui pratique ce culte. || Pl. VAUDOUS ou VAUDOUX. - Adjectiv. Qui a rapport aux vaudous ou à leur culte: Cérémonie VAUDOU. - Encycl. Dans plusieurs Etats de l’Amérique, et particulièrement aux Etats-Unis, les vaudous forment parmi les noirs une société secrète, une sorte de franc-maçonnerie placée sous l’invocation d’un être tout-puissant et surnaturel qui gouverne toute les choses d’ici-bas. Cet être a pour symbole une espèce de couleuvre, qui révele aux hommes ses volontés, par l’intermédiare d’un grand prêtre ou d’une grande prêtresse, qui reçoivent les noms de roi ou de reine. Un procès des plus curieux, qui s’est déroule devant la cour prévôtale de la Nouvelle-Orléans au mois d’août 1863, pendant la lutte fratricide engagée entre le Sud et le Nord, a amené, pour la première fois en Amérique, les vaudous devant la justice; il a permis aux profanes de recueillir quelques renseignements sur l’organisation et sur les mystérieuses cérémonies de la société. La police de la Nouvelle-Orléans avait été mise sur la trace d’une réunion solennelle, où ne devaient assister,sous la présidence de la reine, que les initiés du grade le plus élevé dans la hierarchie vaudou. Cette cérémonie se renouvelle une fois tous les ans. Le but est d’appeler la vengeance du ciel sur les adhérents de la grande et puissante société des vaudous qui ont pu manquer d’une façon quelconque à leurs engagements dans le courant de l’année. Cette société avait joué, disait-on, un rôle important dans les évènements qui s’étaient accomplis à la Nouvelle-Orléans depuis un an; elle avait été amenée à prendre une part indirecte, mais très-active, à une guerre qui devait avoir pour résultat l’émancipation de la race noire. S’il n’y avait pas eu d’insurrection servile dans la basse Louisiane, c’était, prétendait-on, à l’influence des vaudous que l’on en était redevable. En revanche, les vaudous avaient pris l’engagement d’obtenir du ciel l’affranchisement des esclaves et le châtiment des maîtres méchants. La grande cérémonie annuelle empruntait donc, cette fois-là, un cachet particulier aux évènements politiques, et un très-grand nombre de nègres, informés du jour où elle aurait lieu, devaient, dans des réunions d’un ordre inférieur ou particulier, se livrer à des invocations et aux pratiques superstitieuses prescrites par la grade prêtresse. Mais il y avait eu des indiscrétiens, et la police était au courant de tout. Au jour indiqué, vers dix heures du soir, huit officiers de police pénétrèrent inopinement dans le sanctuaire inviolable et se trouvèrent en présence de cinquante femmes nues comme notre mère Eve, dont deux seulement, très-connues, paraît-il, à la Nouvelle-Orléans, appartenaient à la race blanche. Elles exécutaient en ce moment, avec un entrain frénétique, la ronde des vaudous, pendant que la grande prêtresse se livrait aux invocations particulières à cette vieille superstition qui compte tant d’adeptes parmi les peuplades d’Afrique, d’où elle s’est répandue dans le nouveau monde. Au milieu de la salle, dit le rapport de police, «était un vase dont le contenu était pour le moins aussi varié que celui du chaudron des sorcières de Macbeth. Le mélange était en partie liquide, orné de substances sans nom.» Autour du vase, dans trois plats d’argent, plusieurs couleuvres relevaient nonchalamment la tête. Le tout était entouré de plusieurs centaines de bougies, et aux quatre coins de la salle brûlaient sur un foyer des parfums excitants. L’entrée de la police au milieu de ce sanctuaire causa, on le conçoit, le plus grand trouble, et les officiers eux-mêmes, trop empressés, manquèrent une occasion peut-être unique de pénétrer à fond les mystères du vaudou. Ils arrêtèrent une vingtaine d’initiées qui comparurent, le 30 juillet, devant la cour prévôtale. Elles etaient, on le pense bien, plus vêtues qu’au moment où elles accomplissaient les mystères sacrés. Environ 2,000 nègresses et autant de nègres encombraient les avenues de la cour, la place et les rues voisines. Les avocats chargés de la défense demandèrent un delai, que le juge accorda. L’affaire fut reprise le 6 août et se termina le 8. Les avocats invoquèrent en faveur de leurs clientes la liberté de conscience, inscrite dans la constitution. Les mormons, les convulsionnaires, les millénaires, sont tolérés; pourquoi, disaient-ils, les vaudous ne le seraient-ils pas? Le principal chef d’accusation reposait sur le témoignage d’un officier de police qui prétendait que les réunions de la société des vaudous avaient un caractère séditieux et sécessioniste. Toutes les preuves fournies démontrèrent que les haut dignitaires du vaudou avaient puissamment contribué au maintien de la tranquillité, et le fait le mieux constate fut l’influence qu’exerce cette association mystérieuse sur la population noire. La reine, ou grande prêtresse, a un pouvoir dont on était loin de soupçonner l’étendue. Les esclaves, plus que la population de couleur libre, professent pour elle, sans la connaître, un culte superstitieux, et il est hors de doute que, depuis deux ans que la lutte se trouvait engagé, elle eût pu, à son gré, faire éclater la guerre servile dans la Louisiane. Ajoutons ce détail, qui peint bien les moeurs de ce grande Amérique, où l’on n’a pas peur, comme chez nous, de la liberté. Lorsqu’il eût été démontré que la principale accusation, celle de sédition, n’était point fondée, le juge se montra plein de déférence pour les inculpées, et, après leur avoir donné quelques conseils pour les engager à modifier quelque-unes de leurs pratiques extravagantes, il prononça leur acquittement au milieu d’applaudissements immenses, qui longtemps retentirent dans la salle et au dehors. Source: Pierre Larousse, Grand Dictionnaire Universel du XIXe Siècle – Tome Quinzième (Paris: Administration du grand dictionnaire universel, 1876), p812. |
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| info@bulldozia.com 04 May 2008 |